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Tuesday, September 15, 2015

Massacres commis au Rwanda par le FPR d’avril 1994 à août 1997. Le cas de la Commune de Ngenda au Bugesera.







[Since 1994, the world witnesses the horrifying Tutsi minority (14%) ethnic domination, the Tutsi minority ethnic rule with an iron hand, tyranny and corruption in Rwanda. The current government has been characterized by the total impunity of RPF criminals, the Tutsi economic monopoly, the Tutsi militaristic domination, and the brutal suppression of the rights of the majority of the Rwandan people (85% are Hutus)and mass arrests of Hutus by the RPF criminal organization =>AS International]





Massacres commis au Rwanda par le FPR d’avril 1994 à août 1997. Le cas de la Commune de Ngenda au Bugesera. Par Maryline Hermans Doctorant en Criminologie Université de Rotterdam Depuis l’attaque du FPR-Inkotanyi le 1 octobre 1990, la population hutu a été massacrée systématiquement par l’APR, branche armée de la rébellion.

Après le génocide baptisé « des Tutsi », ces militaires, appuyés par ceux qu’on surnommait les « caders », agents à tout faire du FPR, ont étendu ces actes génocidaires à travers tout le pays. Ils furent assistés également par quelques rescapés ainsi que par des rapatriés en provenance d’exil en Uganda, Burundi, Tanzanie, Congo (ex-Zaïre). Dans notre étude, nous nous sommes limités à la région du BUGESERA peuplée des Tutsi naguère victimes des troubles post-indépendance dans les années 60. Objectif de notre étude. Nous avons voulu étudier sur terrain ce qu’a été la réaction des Tutsi après le génocide par de-là le discours officiel de la réconciliation qui couvre cette page sombre de l’histoire du Rwanda. La région du BUGESERA nous sert d’échantillon, tandis que les résultats de l’étude feront fonction de miroir reflétant l’état des relations entre Hutu et Tutsi dans le reste du Rwanda après une guerre de 4 ans et un génocide.

Il est juste de rappeler l’autre face de la médaille que constitue le génocide des Tutsi. De ce dernier, le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha en Tanzanie, ainsi que les juridictions rwandaises s’en occupent largement. Par contre, on observe un silence ponctué par quelques révélations quant à ce qui touche aux crimes commis par le FPR. Notre travail ne couvre qu’une infime partie des crimes au compte du FPR, crimes qui, analysés à la lumière des preuves recueillies et du droit international, répondent aux critères de génocide et crimes contre l’humanité. L’essentiel n’est pas d’inventorier toutes les victimes possibles, mais de mettre à la lumière l’autre face du conflit rwandais que certaines voix voudraient condamner au silence et à l’oubli, surtout de la part des dirigeants rwandais actuels et de leurs mentors internationaux.

Par ailleurs, il est moralement condamnable que l’opinion et la conscience internationales s’investissent à débusquer et condamner certains criminels ; et qu’en même temps elles déroulent le tapis rouge pour d’autres dirigeants dans le cadre de la de la realpolitik qui fait semblant d’ignorer la nature criminelle de leurs régimes. Données préalables. Les cas de massacres qui ont attiré notre attention ont en commun certains facteurs. Ils ont été supervisés par les autorités civiles et militaires. Certains cas de tueries ont eu lieu dans des camps militaires ou aux bureaux des secteurs et des communes. Ils ne sont donc pas à prendre pour des cas isolés. Les victimes ont été massacrées, jetées vivantes dans des latrines, dans des rivières (Akanyaru, Akagera) et des lacs, ainsi que dans la grotte historiquement connue sous le nom de « Urwobo rwa Bayanga » située dans le camp militaire de Gako à la frontière avec le Burundi. Personne ne saura le nombre exact de ceux qui ont péri durant cette période, étant donné que certaines familles ont été exterminées sans laisser de survivant. Par ailleurs, des témoins gênants de ces massacres ont été éliminés. Ainsi, notre étude recense seulement certaines victimes, les autres resteront dans l’oubli. Aire d’investigation.

Notre zone d’investigation se limite à la seule commune de Ngenda, une des trois qui formaient la région du Bugesera au sud de Kigali. Cependant, nos investigations nous ont permis de recueillir certaines informations aléatoires. Ainsi disposons-nous, par l’intermédiaire de nos informateurs, des listes de certaines victimes du FPR à Byumba, Kibungo, le reste du Bugesera, Butare et une partie de Gitarama, ainsi que celles des communes de Bicumbi, Gikoro, Gikomero, Mugambazi, Rutongo, Kanombe, et Butamwa. Nous en avons recueilli de Nyange, de Birambo et d’une partie de Gikongoro. Ceci nous a motivé à élargir les horizons. Actuellement, nos informateurs sont attelés aux recherches Massacres commis au Rwanda par le FPR d’avril 1994 à août 1997. Le cas de la Commune de Ngenda au Bugesera. Par Maryline Hermans Doctorant en Criminologie Université de Rotterdam dans le nord du pays pour inventorier les victimes de la période 1997-1999 dans la guerre dite des infiltrés ou ABACENGENZI. Limites de notre travail. Malgré nos efforts, nous ne comptons pas inventorier toutes les victimes car les tueries étaient éparpillées. Certaines se sont effectuées pendant la nuit dans les cachots contrôlés seulement par les militaires rompus aux méthodes de massacres en secret. Un autre handicap vient du fait que les massacres n’épargnaient pas même les enfants en bas âge. N’étant pas encore insérés dans le circuit de la vie sociale, leur identification reste problématique. Il faut encore noter que la population encore dominée par la terreur préfère souvent se taire plutôt que de s’exposer aux représailles par des révélations que le régime en place qualifie d’idéologie du génocide. En effet, les services secrets du FPR, dans le but d’enterrer définitivement toute révélation de ces crimes passés, recourt à l’élimination physique de tout témoin éventuel.

Méthodologie de travail.

Pour cette étude, nous avons disposé de dix informateurs installés sur terrain et menant des recherches pendant 5 ans, de juin 2003 à juin 2008. Nous avons préféré la discrétion pour raison de sécurité. La vérification de l’identité des victimes se faisait auprès des familiers et des voisins rescapés. Comme responsable et coordinatrice du projet, j’ai visité le Rwanda trois fois. Munie d’un visa touriste, j’y ai passé au total 87 jours. Malgré toutes ces précautions, nous déplorons l’emprisonnement de 6 de nos collaborateurs accusés faussement de semer des troubles par le seul fait de s’informer informellement sur les victimes supposées du FPR.

Je dois reconnaître aussi deux cas d’infiltration de notre groupe par des agents secrets du FPR qui ont failli nous coûter la vie. Pour y parier, j’ai dû changer de méthode en établissant un contact individualisé avec chaque agent et en évitant qu’ils ne se connaissent entre eux. Pour le même besoin de sécurité, dans notre étude, nous gardons l’anonymat des survivants et des responsables directs des tueries pour éviter l’élimination des témoins survivants. Pour les survivants vivant encore au Rwanda, nous les nommons par les initiaux de leurs noms.

Pour les victimes, nous identifions la date, le lieu ainsi que les circonstances de leur mort. Remerciements. Nous remercions beaucoup nos informateurs pour ce travail à haut risque. Nous n’oublions pas de remercier quelques militaires du FPR et quelques rescapés tutsi qui ont accepté de nous donner des témoignages de première main sur les hauts responsables qui donnaient les ordres desdits massacres. Mon grand remerciement va à une pauvre femme qui m’a confié personnellement que son mari s’était distingué dans ces massacres, mais qu’elle ne pouvait rien faire pour l’en empêcher. Elle le considère assassin en liberté, lui reste homme de confiance du FPR. A entendre cette femme, il semblerait que ces crimes lui aient laissé des séquelles psychologiques.



 Conclusion et recommandations. Par ce tableau, nous avons voulu donner la parole aux victimes pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli. N’oubliez jamais vos victimes, c’étaient vos enfants, cousins, parents, époux ou épouses, amis, voisins, condisciples ou compagnons d’équipes, groupes ou tout simplement votre génération. Il faut se souvenir d’elles dans les assemblées spirituelles si vous êtes croyants. Un jour leur voix réclamera justice et nous sommes sûrs que leurs assassins seront traduits en justice avant qu’ils ne rendent compte de leurs actes devant le Créateur. Ils ont souffert toutes sortes de peines : fusillades, brûlures, viols, tueries à l’arme branche, (comme « agafuni », la machette, etc.).

De grâce, ne pensez pas à les venger par les mêmes peines car seuls les esprits faibles imitent ce qu’ils ont vu. Au contraire réclamez la justice, ce sera le seul moyen d’honorer leur mémoire. Ne perdez pas courage si cette justice tarde. Les retards, en effet, font partie du processus de l’action humaine. Dans l’attente de la justice, évitez le refus, la révolte, la haine, la vengeance, la colère, et l’indignation, car tout cela ne procure ni force, ni joie de vivre. Ne soyez pas toujours victimes. Restez sauveteurs dans le triangle dramatique de Karpman, sauveteurs de soi et des autres. (Le Triangle dramatique, dit aussi Triangle de Karpman, est une figure d'analyse transactionnelle proposée par Stephen Karpman en 1968 qui met en évidence un scénario relationnel typique entre Victime, Persécuteur et Sauveur (ces rôles étant symboliques, une même personne peut changer de rôle). Parmi ces victimes, il y a des martyrs tutsi tués parce qu’ils ne voulaient pas être complices.

Les femmes tutsi qui ne voulaient pas abandonner leurs maris hutu etc. Les 6 tutsi de Shyara tués parce qu’ils cachaient les Hutu sont pour tous les Rwandais signes d’espoir d’une cohabitation fraternelle mais qui demande un préalable de justice. Nous avons gardé l’anonymat des bourreaux. Nous dirons leurs noms en cas de besoin, mais ils sont souvent connus du public. Par ailleurs, certains se vantent publiquement de ces massacres confessant qu’ils les répéteraient au besoin. Ceux qui étaient présents à la réunion qui s’est déroulée devant le bureau de la commune Ngenda en 2003 se souviennent du discours indigne du général IBINGIRA qui racontait qu’il ne regrettait rien de ce qu’il avait fait et qu’il poursuivait les coupables et les génocidaires. Il ne se rendait pas compte que la majorité de ses victimes identifiées dans ce travail n’ont vu le fusil que le jour de leur mort.

Maryline Hermans 
Doctorant en Criminologie 
Université de Rotterdam

The Truth can be buried and stomped into the ground where none can see, yet eventually it will, like a seed, break through the surface once again far more potent than ever, and Nothing can stop it. Truth can be suppressed for a "time", yet It cannot be destroyed. ==> Wolverine

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